Pension de réversion dans la Fonction publique : quelles règles pour les femmes ?

Dans la Fonction publique, la pension de réversion permet au conjoint ou à l’ex-conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite de la personne décédée. Taux, conditions de mariage, remariage : découvrez les principales règles à connaître.
6 octobre 2026
Les droits conjugaux et familiaux contribuent à réduire les écarts de pension entre les femmes et les hommes. Ils regroupent notamment les droits liés aux enfants ainsi que les pensions de réversion versées au conjoint ou à l’ex-conjoint survivant.
Le principe de la pension de réversion est simple : après le décès d’un assuré ou d’un retraité, une partie de la pension qu’il percevait, ou aurait pu percevoir à la retraite, peut être versée à son conjoint ou à son ex-conjoint survivant, selon les règles du régime concerné.
A retenir :
Dans la fonction publique, la pension de réversion correspond généralement à 50 % de la pension du fonctionnaire décédé. Pour les fonctionnaires de l’État, territoriaux et hospitaliers, elle est versée sans condition d’âge ni de ressources, sous réserve notamment de respecter les conditions liées au mariage.
Qu’est-ce que la pension de réversion ?
La pension de réversion permet au conjoint ou à l’ex-conjoint survivant de percevoir, sous certaines conditions, une partie de la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier la personne décédée.
Les conditions et le montant de cette pension varient selon le régime de retraite auquel la personne décédée était affiliée. Il est donc important de distinguer les règles applicables aux fonctionnaires titulaires de celles concernant notamment les agents contractuels.
L’histoire des pensions de réversion
Historiquement, les premières pensions de réversion apparaissent au XIXe siècle. Elles sont codifiées de façon systématique à partir de 1853 et concernent les fonctionnaires et employés civils.
À cette époque, les pensions de réversion s’inscrivent dans une logique familialisée et patrimoniale : elles visent à protéger économiquement la famille du travailleur, en considérant que les droits acquis par celui-ci constituent en partie un patrimoine dont peut bénéficier le conjoint survivant.
Dès ses origines, le dispositif est spécifiquement conçu pour les veuves : l’État se propose de remplacer le père de famille disparu, dans une société où les femmes participent beaucoup moins au marché du travail et disposent donc rareme nt de ressources suffisantes pour subvenir seules à leurs besoins une fois leur mari décédé. Le dispositif a connu jusqu’à aujourd’hui de nombreuses transformations. Un taux général de réversion de 50 % sur la pension du fonctionnaire décédé a été adopté en 1924 (contre un tiers auparavant), et demeure aujourd’hui celui des principaux régimes dans la fonction publique. Le mécanisme s’est progressivement étendu aux salariés du privé, étant généralisé en 1945 pour lutter contre la pauvreté des veuves. Les retraites complémentaires l’adoptent à partir de 1947 pour l’Agirc. De façon différenciée selon les régimes, il bénéficie également aux ex-conjoints divorcés depuis 1978 pour le régime général.
Après avoir été réservé aux conjoints à charge en 1945 et aux veufs incapables de travailler dans la fonction publique dès 1948, ce droit s’ouvre plus largement aux hommes depuis les années 1970, de façon égalitaire depuis la réforme de 2003.
Pourquoi les femmes sont-elles les principales bénéficiaires des pensions de réversion ?
Aujourd’hui, le mécanisme des pensions de réversion demeure un élément essentiel de la protection des personnes veuves, en particulier pour les femmes.
En 2023, 87,3 % des bénéficiaires des pensions de réversion étaient des femmes, d’après les chiffres du COR. Ces pensions contribuent à réduire l’écart de revenus entre les femmes et les hommes à la retraite.
Selon la DREES, l’écart des pensions était ainsi, en 2023, de 37,5 % entre femmes et hommes retraités résidant en France, mais de 25,4 % lorsque l’on inclut la pension de réversion. La forte proportion de femmes parmi les bénéficiaires s’explique notamment par plusieurs facteurs : leur espérance de vie est en moyenne plus élevée que celle des hommes - 85,9 ans contre 80,3 ans en 2025 -, elles sont souvent plus jeunes que leur conjoint et peuvent également disposer de revenus plus faibles. Dans les régimes où une condition de ressources s’applique, ce dernier facteur peut influencer l’accès à la pension de réversion.
Les conditions d’attribution d’une pension de réversion varient cependant selon le régime de retraite auquel la personne décédée était affiliée. Certaines règles sont notamment spécifiques à la Fonction publique.
Quelles sont les conditions pour toucher une pension de réversion ?
Pour bénéficier d’une pension de réversion, il faut avoir été marié avec la personne décédée. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas droit à une pension de réversion.
En revanche, un ex-conjoint divorcé peut, sous certaines conditions, conserver des droits. Si la personne décédée a été mariée plusieurs fois, la pension de réversion est en principe partagée entre le conjoint survivant et les ex-conjoints au prorata de la durée de chaque mariage, sous réserve que chacun remplisse les conditions propres au régime concerné.
Les autres conditions dépendent du ou des régimes auxquels la personne défunte était affiliée.
Pension de réversion du régime général : quelles règles ?
Dans le régime général de l’Assurance retraite, qui couvre notamment les salariés du privé et la retraite de base des contractuels publics, la réversion est égale à 54 % de la pension du défunt.
Elle est accessible à partir de 55 ans et soumise à une condition de ressources. En revanche, aucune durée minimale de mariage n’est exigée et le remariage du bénéficiaire ne fait pas perdre le droit, même si les ressources de son nouveau ménage peuvent être prises en compte.
Pour les salariés du privé s’ajoute la réversion de l’Agirc-Arrco, égale à 60 %, accessible à partir de 55 ans en principe, sans condition de ressources ni durée minimale de mariage. En revanche, un remariage fait perdre définitivement le droit.
Pension de réversion dans la fonction publique : quelles règles ?
Dans la Fonction publique, les règles de réversion diffèrent de celles du régime général. Elles dépendent notamment du statut de l’agent et de son régime de retraite.
Fonctionnaires de l’État, territoriaux et hospitaliers : SRE et CNRACL
Pour les fonctionnaires de l’État relevant du SRE et les fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers relevant de la CNRACL, la pension de réversion correspond à 50 % de la pension du fonctionnaire décédé.
Elle est versée sans condition d’âge ni de ressources.
Le mariage doit toutefois remplir certaines conditions : il doit notamment avoir duré au moins quatre ans, ou avoir été célébré au moins deux ans avant la cessation des fonctions, sauf notamment lorsqu’un enfant est issu du mariage.
En cas de remariage, de Pacs ou de concubinage du bénéficiaire, le versement est suspendu, mais peut être rétabli, sous conditions, lorsque cette nouvelle union prend fin.
Quelle réversion pour la RAFP ?
À cette pension peut s’ajouter, lorsque le fonctionnaire relevait du régime, une réversion au titre de la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP).
Les règles du RAFP sont distinctes de celles du SRE ou de la CNRACL. Le RAFP applique également un taux de 50 %, sans condition d’âge, de ressources ni de durée minimale de mariage.
Le versement peut être suspendu en cas de nouvelle union et aucune réversion n’est due si la prestation RAFP du défunt avait déjà été intégralement versée sous forme de capital.
Quelle pension de réversion pour les agents contractuels de la Fonction publique ?
Les agents contractuels de la fonction publique relèvent, pour leur retraite complémentaire, de l’Ircantec.
En cas de décès, une pension de réversion correspondant à 50 % des droits acquis par la personne décédée peut être versée au conjoint ou à l’ex-conjoint survivant, sous réserve de respecter les conditions prévues par le régime.
Elle est ouverte à partir de 50 ans, sans condition de ressources.
Une condition d’ancienneté du mariage s’applique : celui-ci doit avoir duré au moins quatre ans, ou avoir été célébré au moins deux ans avant les 55 ans de la personne décédée, ou au moins deux ans avant qu’elle cesse de cotiser au régime.
Cette condition n’est pas nécessaire lorsqu’un enfant est né de l’union ou lorsque le défunt percevait, ou allait percevoir, une pension d’invalidité du régime général. Un remariage suspend le versement de la pension.
Quel avenir pour les pensions de réversion ?
La place des pensions de réversion dans le système des retraites est amenée à se transformer. D’après le COR, leur poids devrait diminuer dans les années à venir : si elles représentaient 14 % des pensions en 2002, elles en représentent 9,9 % en 2024 et ne devraient en représenter plus que 5,5 % en 2070.
Cette baisse s’explique notamment par le recul du mariage et par l’amélioration des carrières et des droits propres des femmes, qui les rendraient moins dépendantes de la réversion et, dans le régime général, plus souvent au-dessus du plafond de ressources.
Dans ce contexte, la préparation de revenus complémentaires pour la retraite peut également constituer un sujet de réflexion. Des solutions d’épargne retraite, comme le PER Préfon-Retraite, permettent de se constituer progressivement une épargne destinée à la retraite, selon les modalités et conditions prévues par le contrat.
FAQ sur la pension de réversion dans la Fonction publique
Quel est le taux de la pension de réversion dans la Fonction publique ?
Pour les fonctionnaires relevant du SRE ou de la CNRACL, la pension de réversion correspond à 50 % de la pension du fonctionnaire décédé, sous réserve de remplir les conditions requises.
Existe-t-il une condition de ressources dans la fonction publique ?
Pour les pensions de réversion du SRE et de la CNRACL, aucune condition de ressources n’est prévue.
Le Pacs donne-t-il droit à une pension de réversion ?
Non. La pension de réversion est liée au mariage. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent pas droit à la réversion.
Un ex-conjoint peut-il bénéficier d’une pension de réversion ?
Oui, un ex-conjoint divorcé peut conserver des droits à réversion, selon les règles du régime concerné et, le cas échéant, selon la durée des différents mariages.
Quelles règles s’appliquent aux agents contractuels ?
Les agents contractuels relèvent du régime général pour leur retraite de base et de l’Ircantec pour leur retraite complémentaire. Les conditions de réversion diffèrent donc de celles applicables aux fonctionnaires titulaires.
Sources
- COR : Droits familiaux et conjugaux de retraite
- COR : Éléments de calendrier historique des droits familiaux et conjugaux
- Insee : Bilan démographique 2025
- Service Public : Pension de réversion de l’Assurance retraite
- Service Public : Pension de réversion en cas de décès d’un fonctionnaire
- Agirc-Arrco : La réversion pour le conjoint — quelles conditions pour l’obtenir ?
- RAFP : La réversion
- Ircantec : La pension de réversion
