En 2030, 108 000 seniors supplémentaires en Ehpad?

Une étude de la Drees prévoit que 108 000 seniors supplémentaires devraient être accueillis en Ehpad d’ici 2030 si les pratiques actuelles d’entrée en institutions des personnes âgées en perte d’autonomie sont maintenues en l’état.

Le 2 décembre 2020, la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) a publié une étude portant sur la perte d’autonomie. En effet, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus atteindra 21 millions en 2030, soit 3 millions de plus qu’en 2019. Il convient de mesurer un tel impacten termes de capacités sur les trois lieux de vie des seniors que sont : les logements personnels, les habitats intermédiaires (résidences autonomie) et les Ehpad. C’est le modèle de projection Lieux de vie et autonomie (LIVIA) qui a permis de réaliser les modélisations de ces capacités selon trois scénarios:

  • Optimiste : les gains d’espérance de vie correspondent en totalité à des gains d’années de vie en autonomie, la durée passée en situation de dépendance modérée reste constante;
  • Intermédiaire : les gains d’espérance de vie correspondent pour une partie des seniors à une vie pleinement autonome et pour une autre partie à une situation de dépendance intermédiaire, la duréemoyenne passée en situation de dépendance modérée reste donc également constante;
  • Pessimiste : les gains d’espérance de vie correspondent en totalité à une perte d’autonomie modérée.

À pratiques d’entrée en institution inchangées (proportion identique de personnes résidant en Ehpad dans la population), il apparaît que le besoin d’ouverture de places en Ehpad serait massif : dans une hypothèse intermédiaire d’évolution de la dépendance, 108 000 personnes supplémentaires devraient résider en Ehpadd’ici 2030. Cela représenterait un doublement du rythme d’ouverture des places observé depuis 2012. Par ailleurs, environ 33 000 places en résidences autonomie devraient être ouvertes d’ici 2030 quel que soit le scénariode dépendanceretenu, puisque celles-ci accueillent des seniors majoritairement autonomes.

La modélisation prévoit également qu’en fonction du nombre de places disponibles en Ehpad (auquel se cumule les évolutions de dépendance), les seniors les moins dépendants devraient se rediriger vers d’autres lieux de vie, entraînant ici une augmentation des capacités nécessaires dans les résidences autonomie.

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